Enseignement supérieur et Recherche

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  • Pour une politique réellement transformatrice, plus que jamais la rupture s’impose !

    Posté le 26 novembre 2012 pierre Pas de commentaire

    La recherche scientifique, l’enseignement supérieur ont subi, depuis de nombreuses années et particulièrement pendant les 5 années de politique sarkozyste, des attaques particulièrement graves.

    Une logique de concurrence et de compétition généralisées les ont soumis aux logiques néo-libérales de rentabilité, aux exigences de profit à court terme, au détriment de l’intérêt général et du développement nécessaire du mouvement des connaissances dans l’ensemble de la société.

    Aujourd’hui, pour un réel changement, une rupture est nécessaire avec les objectifs précédents, qui sont toujours ceux du traité de Lisbonne, du processus de Bologne et de « l’économie de la connaissance la plus compétitive ».

    Or, il s’agit d’en finir avec le Pacte Recherche et la Loi LRU qui réduisent le financement public, qui soumettent les formations aux besoins patronaux, qui assujettissent la recherche, cassent l’emploi public et le service public dans son ensemble.

    Pour cela, il faut des moyens publics à la hauteur des exigences scientifiques, sociales, culturelles ! Il faut une ambition nouvelle, de démocratisation, de développement des qualifications, d’appropriation des connaissances.  Il faut de la démocratie, de la collégialité, l’intervention de toutes et tous à tous les niveaux !

    Mais, en faisant adopter le traité de stabilité européen, qui contraint la dépense publique, en emboitant le pas au rapport Gallois et à la « compétitivité » impliquant de réduire le « coût du travail », c’est-à-dire la part des salaires,  tout en continuant les cadeaux au patronat et en laissant les profits s’envoler, en érigeant en dogme la baisse des déficits publics au lieu de s’en prendre à la logique financière de la dette et de relancer une croissance fondée sur la satisfaction des besoins sociaux et écologiques, le gouvernement tourne le dos à  l’orientation progressiste qui remettrait sur les rails un grand service public d’Enseignement Supérieur et de Recherche, fondé sur les coopérations et la démocratisation.

    Le gouvernement Ayrault  s’oriente ainsi vers la poursuite sans changement notable, voire l’amplification des choix politiques que les électrices et les électeurs ont battus dans les urnes :

    • priorité à la réduction des dépenses publiques,
    • poursuite pour l’essentiel des choix de la politique antérieure dans l’enseignement supérieur et la recherche,
    • maintien dans leurs fonctions des zélotes de la politique antérieure,
    • maintien du Crédit Impôt Recherche et du financement sur projet via l’ANR,
    • poursuite des initiatives d’excellence.

    Les perspectives pour l’emploi scientifique en 2013 : 

    Avec un budget 2013 qui anticipe l’application du traité de stabilité et les conclusions du rapport Gallois, avec la manipulation des concepts de plafond d’emploi et de masse salariale, héritée de l’ère Sarkozy et désormais assumée ouvertement par G. Fioraso, elles sont catastrophiques.

    Les charges nouvelles s’accumulent pour les établissements sans transferts équivalents des financements et des emplois, conduisant à une application larvée de la RGPP. C’est une réduction nette du remplacement des départs qui s’annonce pour la première fois dans des universités étranglées par l’application de la loi LRU et des RCE. Au CNRS, les non-remplacements entamés dès 2012 s’accélèrent fortement en 2013. Les contrats doctoraux sont en baisse. Face aux directions d’établissements exaspérées, le ministère de l’Enseignement Supérieur et la Recherche insiste parfois lourdement pour que les déficits de fonctionnement soient financés par une réduction de l’emploi.

     

    Une crise grave de l’emploi scientifique public s’annonce en France alors que les fermetures de centres de recherche privés s’accélèrent. En contradiction avec une priorité affichée pour la jeunesse, les débouchés pour les étudiants des filières scientifiques, en particulier pour les doctorants s’annoncent catastrophiques. La ministre de l’Enseignement supérieur semble considérer que la précarité ou l’exil scientifique sont des débouchés normaux pour les étudiants de nos universités.

    Sous l’effet  de la stagnation de l’emploi titulaire et du développement effréné de la recherche sur projet, la proportion des effectifs en CDD dans les établissements, aussi bien dans les services administratifs que dans les laboratoires ne cesse d’augmenter. Face à cette situation devenue ingérable, les organismes et maintenant les universités « dégraissent » en ne renouvelant pas les CDD, conduisant de nombreux personnels hautement qualifiés au chômage. Le Front de gauche n’accepte pas cette politique ; il agit et agira pour imposer des choix de gauche.

     

    Il faut en finir avec  la précarité, et notre pays en a les moyens.  Le développement  démocratique des services publics, dans l’enseignement et la recherche comme ailleurs, est nécessaire et possible. Les moyens en existent, à commencer par la réintégration du crédit impôt recherche dans le budget des laboratoires et l’abandon de ce dispositif fiscal ruineux opaque et inefficace.



    Le projet de budget 2013 pour l’Enseignement Supérieur et la Recherche :

    Il n’est conforme ni aux exigences de démocratisation des études supérieures, ni à celles d’une politique de recherche ambitieuse, il engage l’avenir sur les bases les plus malsaines, celles qu’exige la droite toutes tendances confondues.

     

    Dès à présent il importe :  

    • de voter un plan d’urgence pour réparer les dégâts de la période précédente,
    • de dénoncer les Contrats d’excellence signés dans des conditions scandaleuses et qui torpillent le service public,
    • d’abandonner les Responsabilités et Compétences Elargies, au premier chef par la réintégration de la masse salariale dans le budget de l’Etat comme l’exigent dès à présent de nombreuses et nombreux Présidentes et Présidents d’Université  auxquels la Ministre répond par l’expression d’un profond mépris,
    • d’adopter un plan pluriannuel de créations d’emploi.

     

    L’enseignement supérieur et la recherche concernent toute la société !  Une politique nouvelle, de gauche, a besoin de l’intervention de tous les citoyen-nes.  Faire entendre les besoins, les aspirations, confronter les solutions, construire le rassemblement des diverses composantes sociales, culturelles, porter les exigences politiques suffisamment fort : c’est ce que propose le Front de gauche de l’Enseignement Supérieur et la Recherche, avec notamment la tenue de l’Atelier Législatif pour une nouvelle loi sur l’Enseignement Supérieur et la Recherche. A l’inverse de ce qu’ont été, le plus souvent, les Assises régionales, il vous appelle à contribuer, avec ses parlementaires, à l’élaboration de propositions législatives qui seront portées au Parlement. Nous ne lâcherons rien !

     

                         

    http://esr.appels.frontdegauche.fr/

  • Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche : Décidément l’espoir de changement est avec le Front de gauche !

    Posté le 26 septembre 2012 pierre Pas de commentaire

    Une délégation du Front de Gauche vient d’être auditionnée par des Conseillers de la Ministre.  La délégation a été écoutée sans le moindre signe qu’elle sera entendue.

    Le bilan critique des dégâts de la période Sarkozy constitue une condition sans laquelle les Assises en cours , déjà caricaturales , ne pourraient que servir à camoufler la poursuite d’ une politique destructrice .

    La mise en chantier d’un plan d’urgence est indispensable pour réparer ce qui a été saccagé et asservi dans la période qui précède. Ce chantier doit être confié a des institutions légitimes, le CNESER , le Co NRS et le CNU pour la part qui lui revient,  tenues à l’écart du pilotage des assises.

    La délégation a insisté pour que ceci soit corrigé lors des Assises nationales.

    Le Crédit d’Impôt Recherche a fait l’objet, par la délégation d’une attaque en règle circonstanciée.  Cette mesure fait l’objet de trouble au sein du gouvernement et la pression maximale doit être exercée pour faire que des cadeaux fiscaux considérables à l’industrie privée soient versés au compte des laboratoires publics , que le crédit bancaire se substitue à de tels dispositifs .

    Les conséquences dramatiques pour l’enseignement supérieur et la recherche des traités européens ont été soulignées par la délégation   : ses observations sont balayées d’un revers de main. La loi de Finances 2013 « devrait montrer que le budget de l’ensemble du secteur ne serait pas concerné par les ponctions drastiques sur les budgets publics ». La stagnation dans le meilleur des cas est considérée au Ministère comme une « grande victoire ». Le volet « moyens » restera donc absent des Assises.

    Les questions relatives aux carrières scientifiques et notamment la précarité qui marque les débuts de carrière et a tendance à s’installer dans la durée pour toutes les catégories des personnels longuement évoquées, n’ont reçu aucune réponse. La menace d’une généralisation de la précarité loin d’être écartée est donc renforcée.

    Les points sur lesquels la communauté académique commence à faire bouger les positions du gouvernement concernent l’AERES, l’ANR, les Appels d’offres. Mais tout est encore trop évasif.

    La nécessité d’abrogation de la Loi LRU étant un incontournable, le gouvernement ferait bien de s’en aviser.

    Au final, cette audience démontre avec éclat que le changement à gauche n’est pas à l’ordre du jour des choix gouvernementaux.

    Faire bouger les lignes est impératif! D’une politique condamnée dans les urnes, il ne doit rien rester ! L’atelier législatif lancé par le Front de Gauche est dorénavant le moyen d’ une traduction politique des luttes et des votes. Maintenant !

  • Lettre à la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso

    Posté le 27 juin 2012 pierre Pas de commentaire

     Madame la Ministre,

    Nous, animateurs du Front de gauche Enseignement supérieur et Recherche, signataires de l’Appel joint à la présente lettre, avons l’honneur de vous demander, par la présente, un entretien approfondi relatif aux mesures à prendre dans ces deux domaines et à l’organisation d’Assises y afférentes.

    Notre demande ne s’inscrit pas dans une démarche de pression, de négociation, ou de marchandage. Nous ne vous présentons aucune demande relative à votre programme.

    Cependant, il ne peut vous échapper que, sans l’apport du Front de Gauche, dans la mobilisation, les idées, et le vote du second tour, N. Sarkozy entamerait son second mandat. C’est à ce titre exclusivement que notre démarche prend son sens. Le vote et l’intervention des député(e)s du Groupe du Front de Gauche joueront dans l’avenir proche un rôle important.

    Plusieurs aspects fondamentaux sollicitent particulièrement notre attention. Nous vous en faisons part et, si vous avez l’obligeance de donner suite à notre demande, nous pourrons les développer en détail :

    Cette lettre n’a pas pour objet l’exhaustivité et nous nous en tiendrons à quelques aspects névralgiques.

    1)     La Communauté universitaire et scientifique a subi des assauts répétés et continus dans le quinquennat qui précède. La nécessité de mesures de réparation est patente. C’est certainement le cas au niveau budgétaire, mais aussi au plan de la démocratie et de la reconstitution d’un tissu scientifique et de formation supérieure national particulièrement malmené. Ceci suppose préalablement un état des lieux sans complaisance, à l’établissement duquel la collectivité académique dans son ensemble doit être conviée. Un plan d’urgence au niveau des moyens budgétaires, de premières mesures de résorption de la précarité sont indispensables. Rétablir dans toutes ses dimensions prospectives la Formation des Maîtres est une nécessité absolue.

    2)     Le Front de Gauche est fondamentalement attaché à un triple continuum :

    • Continuum entre tous les niveaux de l’enseignement supérieur ; ceci exclut toute coupure administrative et méthodologique entre le niveau L et les autres niveaux. S’il y a urgence en Premier Cycle, cela ne justifierait d’aucune façon la renaissance sous une forme ou sous une autre des Collèges Universitaires. Le processus de Bologne doit faire l’objet d’une évaluation sans concession : il devra être profondément modifié.
    •  Continuum territorial : les Régions de notre République sont évidemment contributrices de l’effort national en matière de formation supérieures et partie prenante de programmes de recherche. Mais le Service Public d’enseignement supérieur et de recherche forme un tout et c’est sa cohérence nationale qui a subi les assauts du quinquennat précédent. Cette cohérence est notamment mais pas uniquement – assurée par un cadrage national des programmes et des diplômes, et par l’existence de grands organismes publics de recherche. Le CNESER, instance par ailleurs bafouée hier, est à juste titre le garant de cette cohérence, mais à lui seul il ne pourrait compenser la menace d’éclatement du Service Public que constitueraient une régionalisation des missions et le transfert des compétences aux régions. Le Front de gauche y est résolument opposé.
    • Continuum entre formation supérieure et recherche.

    Les enseignants-chercheurs statutaires ont vocation à exercer les deux principales composantes de leur métier. Ils et elles doivent être mis à même de pouvoir le faire. Ils doivent constituer l’armature de l’enseignement supérieur ; la puissance publique doit leur en donner les moyens budgétaires et intellectuels en les libérant autant que faire se peut de tâches annexes qui alourdissent leur temps de travail. Ces tâches incombent aux personnels d’accompagnement scientifique, qui ont subi, durant le quinquennat précédent, les assauts de la RGPP. Le Front de Gauche s’oppose à sa poursuite et demande à ce que les personnels touchés puissent être rétablis dans leurs missions de service public. Il demande également à ce que la condition des enseignants à temps plein soit améliorée ; il est nécessaire de prévoir des cadres qui permettront, à terme, pour ceux qui le souhaitent, leur intégration comme enseignants-chercheurs, ou à leur choix dans d’autres corps de la fonction publique.

    Le parcours doctoral doit faire l’objet d’une Conférence permanente avec l’ensemble des acteurs dans une vision prospective et de mesures immédiates et substantielles d’amélioration.

    Le recours à l’emploi précaire dans la Fonction Publique et en particulier pour les carrières scientifiques doit être abandonné.

    3)     La recherche, selon le discours du Président sortant à la Maison de la Chimie, devait être asservie aux lois du marché, à la spéculation des capitaux. Un maître mot a été le fondement de cette politique : l’innovation. Le Front de gauche s’oppose radicalement à cette conception, qui, associée à la concurrence de tous contre tous, a considérablement fragilisé notre tissu scientifique, créé un climat délétère dans les équipes et les laboratoires Elle a été l’origine de l’asphyxie du CNRS et d’autres grands Organismes publics de recherche. Le dispositif des Appels d’offres a stérilisé la recherche publique de notre pays. Il faut l’abandonner. Le CIR en revanche a atteint un niveau historique, mais n’a fait l’objet d’aucune évaluation. Une partie substantielle des moyens publics qui lui sont consacrés doivent revenir aux laboratoires et au financement récurrent.

    Le Front de Gauche, sans réserve favorable à des coopérations tous azimuts entre différents domaines de la recherche publique et l’ensemble des secteurs de l’activité économique, culturelle et sociale, ne confond pas cette conception progressiste avec l’asservissement de la recherche publique. Celle-ci doit cesser d’être la béquille du capital, retrouver les moyens de son indépendance intellectuelle.

    Les IDEX n’ont aucune légitimité. Ces opérations minent le Service Public et créent des structures foncièrement antidémocratiques. On doit arrêter immédiatement les opérations en cours. Pour ceux-ci, comme d’ailleurs pour tous les dispositifs du Grand Emprunt, on doit revoir leur périmètre en permettant toutes les associations et coopérations nécessaires obéissant à une logique scientifique et non à des intérêts financiers et de pouvoir ; on doit revoir de fond en comble l’organisation, y compris la répartition territoriale, et le pilotage en réinvestissant de cette mission les structures démocratiques. On doit rendre au financement public et récurrent toute sa dimension qui permet la mise en commun, la coopération sur une base d’égalité et d’intérêt mutuel, la péréquation des coûts.

    Des ruptures profondes sont attendues sur l’ensemble de ces questions avec les choix antérieurs.

    4)     Compte tenu de l’ensemble de ces éléments, de leur extrême gravité, des conséquences néfastes qu’en tout domaine la politique précédente a implémentées, des changements d’orientation fondamentaux sont nécessaires. Des lois et mesures symboliques du quinquennat précédent, telles que la loi LRU et le Pacte pour la Recherche doivent être abandonnés sans retour. L’AERES, l’ANR ne doivent pas subsister.

    Mais en même temps, le Front de Gauche ne saurait être partisan d’un retour, fût-il déguisé, au statu quo ante. La Communauté académique et scientifique dans la diversité de ses sensibilités, de ses disciplines, de ses catégories de personnels et, plus généralement, la collectivité nationale devraient se trouver convoquées à l’exercice d’une contribution législative nationale. Il va de soi que les groupes parlementaires qui ont contribué à l’élection du nouveau Président de la République auraient dans ce processus le rôle d’impulsion et le rôle conclusif, par les délibérations et le vote final. Mais s’agissant d’un domaine où des initiatives autoritaires et désastreuses ont été prises dans le passé, il est plus que jamais nécessaire de faire de la réflexion sur les missions, l’organisation et le champ, un grand exercice citoyen.

    Celui-ci passe par une évaluation collective des dégâts provoqués et des mesures immédiates de réparation indispensables.

    Il passe par un questionnement non balisé, non biaisé, sans réponses implicitement décrites comme objectifs définis d’avance. Par une feuille de route de problématique initiée par les Groupes parlementaires ayant contribué à l’élection du nouveau Président de la République dont s’inspireraient les instances démocratiques et représentatives que sont le CNESER et le Co NRS, ainsi que le CESE pour permettre la plus large implication sociétale et environnementale. Ces instances lanceront le processus, impulseront le travail de réflexion, collecteront les réponses et en présenteront une possible synthèse ; ces instances pourraient s’adjoindre autant que de besoin les instances régionales correspondantes, le CNU pour les questions de son ressort, l’OPECST pour la part qui peut lui revenir et plus généralement toute contribution de nature à éclairer telle ou telle dimension. De cette façon non seulement le rôle de l’Assemblée Nationale serait rehaussé, mais les diverses composantes de la Communauté académique et scientifique y auraient toute leur place sans que jamais on ne s’écarte de l’objectif majeur que constitue l’élaboration d’une nouvelle loi pour l’Enseignement supérieur et la Recherche, activités fortement déterminantes pour l’avenir de notre pays et sa place dans le monde.

    Tels sont les considérants qui nous incitent à vous demander ce tour d’horizon. Dans l’espoir que vous donnerez une suite favorable, nous vous prions d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de notre haute considération.

    Olivier GEBUHRER CN PCF resp Nat Ens sup et Recherche

    Commission  Ens sup et Recherche PG (Responsable P CHANTELOT)

    Bernard JUSSERAND   resp Nat  Ens sup et Recherche R et S

    Jean- Pierre KAHANE  Mathématicien .Académie des Sciences

    Dina BACALEXI Ingénieure CNRS . Co –Directrice de l’Année Philologique .

    Roger FOURME Professeur Orsay

    Jean Noël ACQUA Maître de Conférences Université Pierre et Marie Curie

    Pierre BOUTAN Professeur IUFM

  • Réponse à l’Association Française d’Economie Politique – AFEP

    Posté le 16 avril 2012 pierre Pas de commentaire

    Le Front de gauche défend l’indépendance de la recherche scientifique et réaffirme, pour la qualité du débat intellectuel et politique, son attachement à l’égal dignité entre disciplines, au pluralisme des idées, des concepts et des méthodes parce qu’ils sont les outils indispensables dont les citoyens ont besoin pour le progrès de la connaissance et pour lutter contre l’ignorance.
    La politique de l’ESR conduite par Sarkozy depuis 5ans, puisant ses racines dans le traité de Lisbonne et prônant un projet néo-libérale de la société, a créé les conditions d’une mise en concurrence totale et délétère pour la recherche et l’enseignement supérieur en France. Les disciplines des sciences sociales et humaines, dont celle de l’économie, n’échappent pas, hélas, au ranking et autres effets pervers de la mise en concurrence entre laboratoire de recherche et chercheurs.
    La situation est catastrophique pour les sciences économiques. Depuis plus de 20 ans, l’école de pensée néo-classique occupe une telle position hégémonique qu’à court terme, elle sera la seule à exister dans le champ de l’enseignement supérieur et de la recherche académique.
    Cette situation est inacceptable et nécessite des mesures de réparation immédiates pour créer les conditions institutionnelles du pluralisme des courants de pensée et ainsi offrir aux étudiants la liberté du choix entre formations en économie et aux chercheurs, la liberté de choisir leurs axes de recherche. L’état doit être le garant du pluralisme intellectuel et du débat démocratique au sein des instances représentatives élues (CNESER, CoNRS) pour faire émerger des nouvelles disciplines répondant aux besoins et enjeux sociaux et environnementaux du XXIème siècle pour la France.
    La domination d’une forme de pensée unique fondée sur le couple rationalité individuelle/marché efficient, inadapté à la compréhension des enjeux du monde contemporain est aujourd’hui critiquée y compris Outre Atlantique ; aucun de ses axiomes ne s’est trouvé validé, particulièrement au moment de la première phase de la crise systémique. Comme d’autres domaines, les sciences économiques et sociales ont vu l’effet destructeur et stérilisant de l’asservissement scientifique à une logique marchande. Il n’existe pas un paradigme unique dans ces domaines qui doivent se nourrir en permanence de confrontations sans tabou ni balisage contraint. Le FDG s’engage à étudier les voies permettant d’assurer :

     

      • une accession ouverte aux promotions de tous les courants de pensée (notamment pour le passage rang B/rang A) en supprimant l’agrégation,
      • un meilleur fonctionnement du CNU pour s’assurer, y compris par la création sous proposition de ce dernier d’une nouvelle section « économie et société », que le pluralisme et l’articulation des problématiques économiques et sociales, qui forme une tradition française, puissent y trouver un renouveau favorable à la formation de nouvelles générations de citoyens et à la recherche novatrice,
      • une évaluation et une prospective renouvelée et avec des critères élargis pour la reconnaissance des travaux des enseignants-chercheurs et chercheurs de ce champ.

     

    Plus largement, le FDG agira pour déconnecter les recherches dans ce domaine de toute subordination au pouvoir politique. C’est aussi le sens de nouvelle loi que le FdG mettra en chantier et qui s’appuiera sur les travaux d’Assises de la recherche réunies dès le début du mandat. Ce processus fera appel à tous les acteurs de l’ESR et un questionnement sans biais ni figure imposée sera élaboré et adressé à la communauté universitaire. Il devra balayer le champ des missions nouvelles, s’assurer que celles-ci sont conformes à la logique de service public, promouvoir la coopération dans toutes ses dimensions et assurer les conditions institutionnelles du pluralisme des courants de pensée.

     

    Front de Gauche de l’ESR

  • Réponse du Front de Gauche de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche à l’appel du 23 février

    Posté le 5 avril 2012 pierre Pas de commentaire

    Nous vous remercions de nous avoir transmis l’appel que vous avez lancé le 23 février (http://appel-enseignement-sup-et-recherche.fr/) et de nous donner l’occasion de rappeler le programme du Front de Gauche pour l’enseignement supérieur et le recherche, tel qu’il a été énoncé dans notre programme L’Humain d’abord , et de le préciser, en particulier en ce qui concerne les dix principes et objectifs que vous avez mis en avant dans votre appel.

    Au-delà, vous nous permettrez d’aborder ce qui sont, de notre point de vue, des points clés essentiels à l’avenir de notre système scientifique et universitaire et qui ne sont pas mentionnés explicitement dans votre appel.

    Instruits des évolutions de l’enseignement supérieur et de la recherche suite à l’agenda de Lisbonne, au processus de Bologne et au traité de Lisbonne, nous souhaitons également mettre en exergue l’impact des traités européens sur les principes et objectifs que vous mettez en avant. En effet, aucun plan pluriannuel d’emplois dans l’ESR ou de façon plus vaste dans la fonction publique n’est valide dans le cadre de ces traités ; il en est de même de toute exigence budgétaire. Les traités jumeaux contresignés par l’actuel Président de la République et la Chancelière allemande devront être dénoncés par un gouvernement de gauche ; faute de cela aucun engagement fut‐il en deçà des besoins et des exigences, ne pourrait être tenu. La question des moyens n’est pas la seule sur laquelle l’actuelle construction européenne pèse de façon structurante. Aucune mesure de démocratisation des instances, aussi nécessaire soit-elle, ne pourrait réellement s’extraire des contraintes du nouveau management entrepreneurial européen fondé sur une conception de l’audit en vigueur à l’OMC, sur la standardisation et sur l’évaluation comparative de produits finis en tant que biens matériels ou immatériels. S’affranchir du Traité de Lisbonne est donc une condition essentielle à la réalisation d’un programme de service public pour l’enseignement supérieur et la recherche.
    1. Remplacer la loi LRU (loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités), qui n’est pas amendable car inspirée par une politique contraire aux principes d’indépendance, de collégialité et de démocratie qui sont ceux des universitaires et des chercheurs. La Conférence des Présidents d’Universités (CPU) porte une responsabilité historique dans les désordres causés par cette fausse autonomie. Elle ne saurait parler au nom des universitaires et doit cesser d’être le principal interlocuteur du Ministère.

    Nous nous sommes clairement prononcés pour une abrogation immédiate de la LRU  qui introduit une approche entrepreneuriale et marchande à l’université à l’opposé de sa mission de service public. À la place de ce système libéralisé et autocratique, nous mettrons en chantier une nouvelle loi qui s’appuiera sur les travaux d’Assises de la recherche réunies dès le début du mandat, nous démocratiserons les conseils d’administration des universités et des organismes de recherche. La totalité des personnels, des chercheurs et des enseignants-chercheurs pourra intervenir en amont des décisions. Ce processus fera appel à tous les acteurs de l’ESR. Toutes les expériences passées de ce type d’initiative ont montré des limites trop évidentes pour ne pas y prêter l’attention nécessaire. Un bilan critique des dégâts devra être établi. Dès le début de la législature des mesures d’urgence et de réparation seront votées. Un questionnement sans biais ni figure imposée sera élaboré et adressé à la communauté universitaire. Il devra balayer le champ des missions nouvelles, s’assurer que celles-ci sont conformes à la logique de service public, promouvoir la coopération dans toutes ses dimensions. Ce questionnement devra prévoir les modalités de la participation active de tous les personnels.
    Nous partageons votre analyse sur le rôle de la CPU, ce qui nous a conduit à écrire dans notre programme : « La conférence des présidents d’université ne pourra plus se substituer aux instances démocratiques dans la définition des politiques universitaires.»
    Il ne s’agit pas bien sûr de mettre en cause les personnes ; la CPU comme telle est une libre association, pas une instance. Elle a été progressivement hissée au rôle d’interlocuteur quasi exclusif du gouvernement ; ceci doit cesser. Nous proposons que le CNESER et le CoNRS prennent au contraire toute leur part en matière d’enseignement supérieur et de recherche. Le CNESER aurait un périmètre d’intervention sur l’ensemble du champ des formations universitaires ; le Co NRS disposerait des prérogatives complètes en matière d’évaluation et de prospective de la recherche publique ; le CNU serait l’instance maîtresse en matière d’évaluation des personnels de statut universitaire. Ce dernier coopérerait autant que de besoin avec les instances précédentes.

    2. Abroger le décret du 23 avril 2009 modifiant le statut des enseignants-chercheurs. Garantir aux enseignants–‐chercheurs qu’au moins 50% de leur temps de travail sera consacré à la recherche, proscrire toute modulation à la hausse de leurs services et supprimer la nouvelle évaluation individuelle quadriennale.

    Dans le programme, nous écrivions  : « Nous garantirons le droit effectif de tous les enseignants- chercheurs à exercer une activité de recherche. » Il est clair pour nous que les décrets qui ont fait suite à la LRU, en particulier sur le statut des enseignants-chercheurs qui a été au centre du grand mouvement social de 2009, seront également abrogés. Nous soutenons le retour à la proportion de 50% de temps consacré à la recherche et l’interdiction de toute modulation « punitive ». Au-delà, nous soutenons la possibilité de décharges spécifiques, pour les jeunes enseignants chercheurs ou à certains moments de la carrière. Les enseignants chercheurs doivent être déchargés de tâches administratives et d’organisation qu’ils ont dû prendre en charge par manque de personnel technique et administratif dans les services d’enseignement. Dans le cadre du plan pluriannuel de créations de postes, nous veillerons à changer cette situation.

    3.  Rouvrir en urgence le dossier de la formation des maîtres, assurée conjointement par les IUFM (dont c’est la mission) et les UFR, non pour en réduire le coût par tous les moyens mais en donnant une réelle priorité à l’amélioration de l’enseignement primaire et secondaire, dans un cadre national fondé sur le recrutement par concours de fonctionnaires d’État à la hauteur des besoins.

    Redonner sens au métier d’enseignant est une priorité. Une nouvelle réforme de la formation des enseignants articulera formation de haut niveau dans la ou les disciplines à enseigner, formation professionnelle et ouverture à la recherche et s’appuiera sur des pre-recrutements. Nous soutiendrons la relance de la recherche en éducation, la formation continue et la création de temps d’échanges pédagogiques, de réflexion et d’élaboration dans les établissements. Nous renégocierons les règles de gestion pour en supprimer tout arbitraire. Le statut de fonctionnaire d’État, garantie de la liberté pédagogique et de l’égale qualité du service public sur tout le territoire, sera renforcé. Il ne saurait être question d’accroître la charge de travail des enseignants ou de diversifier leurs tâches.

    4. Élaborer un plan pluriannuel de création de postes et un programme de résorption de la précarité pour les universités et les organismes de recherche (administration, services techniques, enseignement, laboratoires, équipes de recherche).

    La lutte contre la précarité ne vise pas à défendre quelques soi-disant privilèges mais à abattre le système d’organisation sociale que les libéraux, méticuleusement, nous préparent de longue date. La précarité est un fléau dont nous devons débarrasser chaque pan de la société, car elle conduit tout le monde à agir sous les principes du capitalisme de notre temps : flexibilité, accessibilité permanente, instantanéité. Résister, dénoncer, c’est déjà vaincre l’idée que la précarité est une fatalité et que chacun est responsable de sa détresse.

    La précarité est un rapport social global : elle ne concerne pas que le type de contrat de travail mais tous les aspects de la vie qui au final en dépendent : le logement, l’accès aux ressources essentielles comme l’eau et l’énergie, les transports… La précarité s’insinue de fait dans tous les aspects de la vie personnelle. C’est en la faisant reculer que nous ouvrirons les horizons de l’émancipation.
    La précarité a explosé dans la fonction publique et en particulier dans l’enseignement supérieur, avec le développement du financement sur projet. Dans le cadre de notre objectif général « d’abolition de la précarité  », « nous abrogerons la RGPP et nos titulariserons les 800 000 précaires de la fonction publique » . Pour l’enseignement supérieur et la recherche, nous éliminerons les causes structurelles de la précarité en revenant au financement récurrent très majoritaire et à la règle de l’emploi titulaire. De manière générale, « la France engagera des politiques de coopération scientifique et universitaire internationales via la mise en commun et le partage en libre accès des connaissances et des ressources et via des budgets soutenant les missions internationales des chercheurs et des enseignants chercheurs. »

    5. Garantir à tous nos organismes de recherche les moyens humains et financiers nécessaires à leur indépendance, leur développement et leur rôle national de structuration sur tout le territoire de la recherche à court et à long terme.

    A la suite de la loi LRU, les grands Organismes publics de recherche, CNRS en tout premier lieu allaient connaître une vague d’agressions sans précédent : dépeçage, liquidation du système d’évaluation par les pairs, et obligation de ce que l’on nommait pudiquement «financements diversifiés », soit à terme une réduction drastique de l’effort public. Dans un discours mémorable à la Maison de la Chimie, fait unique dans l’histoire contemporaine, le Président de la République insultait toute la communauté scientifique, coupable selon lui de ne pas sacrifier à la rentabilité. L’innovation devait devenir le maître mot de la politique de recherche nationale cependant que les crédits récurrents devenaient peau de chagrin et qu’au même moment le Crédit d’Impot- Recherche, mesure fiscale favorisant comme jamais la spéculation boursière sur les brevets, atteignait en valeur le double de l’ensemble du budget du CNRS. Cette politique comportait des mesures visibles et une logique qui l’était moins ; le capital avait choisi en France de faire face aux conséquences de la démolition de l’appareil industriel qu’il avait lui même programmé et organisé, par un rattrapage compétitif en terme de retour sur investissement en tentant d’asservir la matière grise. Plus ou moins, ce problème concernait d’ailleurs toute l’Union Européenne dont les responsables crurent un moment créer l’illusion du grand dessein avec la formule de la soi- disant stratégie de Lisbonne « faire de l’union Européenne l’économie de la connaissance la plus compétitive du monde ». On voit ce qu’il en est aujourd’hui ; les envolées lyriques se sont évanouies.

    Dans de telles conditions, les mesures que préconise le Front de Gauche sont les suivantes :

     

    • Rétablir le CNRS et les Grands Organismes publics de recherche dans l’intégralité de leurs missions
    • Revenir pour ce qui concerne le CNRS à une conception généraliste couvrant l’ensemble des champs d’investigation
    • Rétablir les moyens récurrents et assurer les laboratoires à hauteur de 70% de leurs besoins en financement budgétaire stable
    • L’AERES sera dissoute
    • Le principe de l’évaluation par les pairs rétabli
    • Une nouvelle coopération sans domination de part ou d’autre, sera mise en place entre l’enseignement supérieur et les Organismes de Recherche

    Le Front de Gauche prévoit une refonte complète du Crédit et du système bancaire en prévoyant un Pôle de crédit bancaire et de financement public ; les PME sont aujourd’hui asphyxiées par des conditions prédatrices de Crédit ; c’est de s’en libérer qu’elles ont le plus besoin ; dans le cadre de cette refonte générale, une mesure d’incitation fiscale telle que le CIR n’a plus lieu d’être. La contrôler plus étroitement comme certains le préconisent, est lourd, bureaucratique et ne garantit en aucune façon une utilisation des aides publiques conforme à l’intérêt général. Aujourd’hui opaque, il ne pourra jamais être rendu transparent. Depuis son introduction, cette question d’un meilleur « contrôle », voire par exemple de son assujettissement à des clauses d’embauche de docteurs a montré un visage d’Arlésienne.

    6.  Revenir à un traitement équitable entre universités pour satisfaire à l’exigence d’un enseignement et d’une recherche de qualité sur tout le territoire, au service des étudiants.

    Les IDEX sont la dernière étape, après le pacte pour la recherche et la LRU, d’une série de décisions aux conséquences désastreuses pour l’université, les grands organismes publics de recherche et leurs personnels.
    Pour le Front de Gauche, le processus d’IDEX doit être interrompu immédiatement. Il est illégitime, néfaste et désastreux.

    • Illégitime dans son principe car l’université française doit fonctionner dans la coopération et non dans la compétition.
    • Illégitime dans sa préparation car les dossiers ont été élaborés dans le plus grand secret en court-circuitant toute instance démocratique.
    • Illégitime dans le processus de sélection car l’organisation de l’université française doit être définie en fonction de ses missions par l’Assemblée nationale et non par un jury international téléguidé par des intérêts marchands ne satisfaisant pas aux besoins sociétaux du pays.
    • Illégitime car ne procédant d’aucun texte réglementaire, il est seulement compatible avec son acte de naissance à savoir la LRU.

    Néfaste car la concentration sur quelques pôles créera des déserts scientifiques et universitaires.
    Désastreux pour le service public en amplifiant au niveau du financement la logique du nouveau management européen.
    Une politique de gauche ne saurait valider de semblables opérations.
    Elle devrait d’abord restituer tout ce qui concerne la gestion des actuels IDEX aux instances appropriées démocratiques et représentatives de l’ensemble des acteurs ; ensuite elle devrait transformer le périmètre des IDEX en Pôles de coopération en permettant de nouvelles associations, sans exclusive, en articulation avec différents partenaires, plateformes technologiques et territoriales.
    Il faut rééquilibrer l’investissement par étudiant dans les différentes filières avec un objectif de 12000€/étudiants. Et cela passe aussi par la mise en place de pratiques pédagogiques innovantes permettant la démocratisation de l’accès au grade de licence. Nous ne transigerons as sur le nécessaire cadrage national des formations tant au niveau de leur dénomination que de leur contenu disciplinaire et de leur organisation pédagogique. Si le niveau L mérite une attention particulière, une révolution pédagogique est à l’ordre du jour dans tous les cursus. Elle devrait notamment associer dans tous les cursus formation disciplinaire et formation professionnalisante. Elle prévoirait à tout niveau des cursus des sorties qualifiantes possibles et des retours avec validation des acquis tout au long de la vie.
    La recherche, dans ses approches, sa méthodologie, ses problématiques doit irriguer tous les cursus de l’enseignement supérieur.

    7. Doter tous les établissements d’Enseignement Supérieur et de Recherche de conseils décisionnaires où les élus des personnels et des étudiants soient largement majoritaires et limiter l’empilement des structures, afin de rester au plus près de ceux qui assurent effectivement la mission de service public qui leur est confiée.

    La LRU a profondément dénaturé le fonctionnement démocratique des universités en vidant de son sens des élections qui ne conduisent plus à un exercice réel de la démocratie. L’expérience vécue devrait permettre d’identifier les vrais enjeux d’un fonctionnement démocratique.
    Nous proposons que les instances d’Etablissement assurent une majorité de sièges aux personnels dans leurs différentes composantes. Nous proposons que les élections aux instances d’établissement se fassent au scrutin de liste proportionnel sans panachage ; nous proposons que les présidents, membres à part entière de la communauté enseignante et de recherche de l’université, soient élus par leurs conseils et responsables devant eux. Leur présidence ne saurait excéder 2 mandats consécutifs et en fin d’exercice, un an de congé pour recherche ou conversion thématique lui est accordé de façon automatique s’il le souhaite.
    Au-delà, ce sont les rapports entre les conseils et les exécutifs qui doivent être repensés, ainsi que les rapports entre les niveaux de l’université et de ses composantes disciplinaires. La LRU a eu pour but de donner tous les pouvoirs à un président et son entourage rapproché, sur le modèle de l’entreprise. Nous mettrons en œuvre la démocratisation à l’université et dans l’entreprise.

    8. Redonner confiance à tous les personnels en mettant fin aux dispositifs qui créent des discriminations et un climat de concurrence permanente : agences de pilotage et d’évaluation, recours massif aux statuts précaires (y compris pour les doctorants et les jeunes docteurs), différenciation des carrières par le jeu de primes dont l’attribution relève le plus souvent du clientélisme.

    La RGPP sera stoppée et un plan de rattrapage de l’emploi sera mis en place au profit exclusif de l’emploi titulaire. Le principe de la progression de carrière pour chacune et chacun sera rétabli ; nous abandonnerons les primes au mérite .
    La situation catastrophique de l’emploi scientifique exige des réponses de haut niveau et de types variés ; d’une part il faut créer en masse des emplois de titulaires assortis des garanties de la Fonction Publique, d’autre part il faut créer les conditions par une nouvelle maîtrise publique des divers secteurs économiques de l’embauche massive de travailleurs scientifiques et notamment des docteurs ; la reconnaissance du grade de docteur dans les Conventions Collectives est un impératif, et doit s’accompagner de mesures incitatrices à l’embauche. Les docteurs doivent pouvoir irriguer tout le champ de l’activité économique publique ou privée. Il faut à cet égard songer, entre autres, à des prérecrutements sur des emplois munis des garanties de la Fonction Publique (incluant la prise en compte de l’activité pour les retraites).
    Faute d’explorer avec esprit d’initiative et de décision politique tous les champs possibles des besoins en travailleurs scientifiques , non seulement nous nous exposons à une grave pénurie de recrutement mais surtout nous ne ferons pas face aux défis sociaux, culturels, économiques, environnementaux qui sont ceux du XXI° siècle dans un monde complexe. Ils appellent partout à une citoyenneté éclairée en mesure de participer aux choix de toute nature qui conditionnent la civilisation.

    9. Améliorer les conditions de vie des étudiants par une politique ambitieuse et de long terme, impulsée par l’État et les Régions. Trop d’entre eux vivent et étudient aujourd’hui dans des conditions indignes d’un pays qui souhaite augmenter le nombre de ses diplômés de haut niveau.

    La lutte contre la sélection sociale doit être une priorité à tous niveaux de l’Enseignement supérieur. Pour ce faire il est nécessaire d’articuler à chaque élément de cursus, formation fondamentale et professionnalisante avec possibilité de sortie et de retour en préservant les acquis à tout niveau des cursus.
    De plus nous considérons au FDG que l’ensemble des cycles d’enseignement supérieur forme un CONTINUUM ; nous considérons que l’objectif majeur aujourd’hui des formations supérieures est le développement sans limitation a priori des capacités humaines et l’accès possible de tous et toutes aux formes les plus élevées du savoir.
    La plus grande attention sera portée au logement et au transport étudiant ; à cet effet une Conférence permanente des conditions d’études sera constituée.
    Nous lancerons la construction de 5.000 chambres universitaires et 7.000 réhabilitations par an sur la législature ainsi qu’un vaste dispositif d’aides sociales visant à permettre à tous les niveaux la démocratisation dans l’accès et la poursuite des études supérieures, défi impératif pour faire face aux exigences de qualifications des métiers du futur proche.
    Défions toutefois, comme le suggère l’acte III de la décentralisation, de laisser aux seules régions le soin de répondre à ces exigences. De même que des universités « riches » ne sauraient côtoyer des universités « pauvres », nous récusons le fait que le sort et donc les possibilités et conditions d’études des jeunes puissent varier d’un endroit à l’autre du territoire. Égalité sociale, territoriale, républicaine !

    10. Abroger le décret Guéant du 31 mai 2011 et son récent complément. En finir avec la politique inique de sélection et de restriction de l’accueil des étudiants étrangers dans nos universités.

    Dans le programme nous écrivions : « Pour l’enseignement supérieur et la recherche, nous engagerons rapidement la reconstruction du service public dans ses missions prioritaires, pour l’égal accès au savoir de tous les jeunes, quels que soient leur lieu d’habitation, les revenus et le milieu socioculturel de leur famille, ainsi que pour l’accueil des étudiants étrangers qui le souhaitent dans une vision non marchande de contribution au développement et à la coopération entre les peuples. »  La circulaire Guéant va bien entendu à l’opposé de notre conception de l’université et de la république. Elle sera abrogée.
    L’urgence est celle d’une nouvelle et grande politique de coopération internationale notamment avec les pays du Sud où se pose avec acuité la question d’une plateforme digne de ce nom d’enseignement supérieur et de recherche ; y contribuer est une tâche nationale, européenne et mondiale où notre pays , l’Union européenne à travers l’UNESCO doivent prendre toute leur place. Le Front de gauche de l’ESR fait sienne « la déclaration mondiale sur l’enseignement supérieur pour le xxie siecle : vision et actions » et il propose d’aller au-delà.
    Partout, mais notamment dans les pays qui s’émancipent des dictatures imposées par les pays capitalistes développés, la formation des étudiants doit être de qualité, émancipatrice et contribuer puissamment au développement économique, social, culturel, écologique. La construction d’un nouvel ordre mondial est à l’ordre du jour. Elle passe par la fin du pillage des ressources naturelles et humaines, elle passe par la coopération sur un pied d’égalité . Elle suppose de ne pas imposer des modèles préétablis , le respect des patrimoines historiques, technologiques culturels, sociaux et environnementaux . Il n’y a pas de « problème d’immigration » ; il y a un problème de co-développement. C’est ce message et cette conception que notre système d’enseignement supérieur doit diffuser partout dans le monde.

    Vous trouverez ici, le lien pour le site de l’appel du Front de Gauche pour l’Enseignement Supérieur et la Recherche (argumentaires, communiqués de presse, réponses de JL Mélenchon aux différentes questions de la communauté de l’ESR, soutiens,…)

    Pour signer notre Appel, c’est ici !

    Le Front de Gauche de l’ESR
    Chantelot Pierre – Responsable commission ESR du Parti de Gauche
    Gebuhrer Olivier – CN PCF Responsable national PCF pour ESR
    Jusserand Bernard – Membre du BN de République et Socialisme en charge de l’ESR

  • Le processus d’IDEX doit être interrompu immédiatement

    Posté le 18 mars 2012 pierre Pas de commentaire

    Les IDEX sont la dernière étape, après le pacte pour la recherche et la LRU, d’une série de décisions aux conséquences désastreuses pour l’université, les grands organismes publics de recherche et leurs personnels.
    Pour le Front de Gauche, le processus d’IDEX doit être interrompu immédiatement. Il est illégitime et néfaste.

    • Illégitime dans son principe car l’université française doit fonctionner dans la coopération et non dans la compétition.
    • Illégitime dans sa préparation car les dossiers ont été élaborés dans le plus grand secret en court-circuitant toute instance démocratique.
    • Illégitime dans le processus de sélection car l’organisation de l’université française doit être définie en fonction de ses missions par le parlement en concertation avec les instances légitimes du domaine et non par un jury international téléguidé par des intérêts marchands ne satisfaisant pas aux besoins sociétaux du pays.
    • Illégitime car ne procédant d’aucun texte réglementaire, il est seulement compatible avec son acte de naissance à savoir la LRU.

    Néfaste car la concentration sur quelques pôles créera des déserts scientifiques et universitaires.

    Désastreux pour le service public en amplifiant au niveau du financement la logique du nouveau management européen .

    Une politique de gauche ne saurait valider des opérations aussi illégitimes et néfaste.
    Le Front de Gauche appelle la communauté scientifique à ne pas se laisser impressionner par un gouvernement aux abois.
    Il faut dès à présent bloquer toute création d’IDEX pour revenir demain sur cette procédure d’inspiration libérale.
    Le Front de Gauche vous appelle à le rejoindre pour construire l’alternative dont toute la science française a besoin.

  • Étudiants étrangers: égaux dans les amphis, inégaux face à la loi

    Posté le 16 mars 2012 pierre Pas de commentaire

    Depuis plusieurs mois, le gouvernement met en place des mesures discriminantes à l’égard des étudiants étrangers. La circulaire Guéant du 31 mai a permis de mettre en lumière le problème plus large des conditions d’accueil et de séjour des étudiants étrangers en France. L’Unef, avec plus de 60 associations d’étudiants étrangers, lance sur Mediapart un appel signé par Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon et Philippe Poutou, candidats à l’élection présidentielle, et de nombreux parlementaires,  organisations et personnalités de la société civile.

    la suite ici…..

  • Réponse de Jean-Luc MELENCHON au questionnaire du SNESUP

    Posté le 12 mars 2012 pierre Pas de commentaire

    Les questions sont les suivantes:

     

    1)    Envisagez-vous l’abrogation de la loi LRU? Par quelles mesures immédiates et à plus long terme, engagez-vous un changement de cap garantissant un fonctionnement des établissements fondé sur une collégialité démocratique et assurant aux universités et laboratoires des financements d’Etat stables et pérennes ?

    La LRU est l’outil privilégié des libéraux pour imposer la marchandisation et la mise en concurrence de l’enseignement supérieur et de la recherche. Désormais, les universités luttent entre elles et en leur sein pour vivre. Elles doivent se plier au diktat de la compétition en lieu et place de la coopération qui devrait prévaloir dans ce monde du savoir. L’Université est le lieu de l’universalisme et du savoir. Or le savoir est la seule chose qui se multiplie quand on la partage. Je restaurerai ce cycle vertueux.

    Cela demandera bien sûr de préparer la construction d’une nouvelle loi dont le vote interviendrait en même temps que l’abrogation de cette sinistre LRU. La méthodologie de travail revêt autant d’importance à mes yeux que le contenu de la future loi, dans l’optique d’y faire adhérer l’ensemble de la communauté. Ainsi, en tout premier lieu, il faut, d’une part, procéder à une évaluation critique des dégâts et des mesures immédiates de réparation nécessaires et, d’autre part, charger le CNESER et le CoNRS d’organiser au sein de toute la communauté de l’ESR l’ébullition intellectuelle indispensable à l’émergence de la loi.

     

    2)    Pour rompre avec le processus inégalitaire actuel des Idex, Labex,…, quelles mesures institutionnelles et quels moyens budgétaires (y compris en emplois) comptez-vous mettre en oeuvre, dès la prochaine rentrée, pour assurer un développement équilibré sur l’ensemble du territoire du service public d’enseignement supérieur et de recherche? Quels sont les objectifs qui seront assignés à ce service public ?

    Les Idex, Labex et autres « Bidulex » visent aujourd’hui à créer des territoires d’exception au sein de la République pour mieux conforter la concurrence libre et non faussée internationale. La concurrence est mise en place au niveau international pour se traduire ensuite en une lutte entre étudiants. La concentration comme mode d’organisation privilégié doit donc être interrompue. À l’occasion de l’élaboration de la nouvelle loi, nous redéfinirons le périmètre des Idex et transformerons ceux-ci en pôles de coopération. Mais, pour cela, la question des moyens se pose avec acuité après les ravages du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Ce sont donc 5 000 emplois statutaires par an pendant 5 ans qu’il faudra envisager pour remettre sur les rails un service public qui vise l’élévation du niveau culturel, scientifique et des qualifications de l’ensemble d’une classe.

     

    3)    Comptez-vous abroger la “réforme” de la formation des enseignants ? Quelles mesures pensez-vous prendre pour engager, dès la rentrée 2012, une tout autre réforme associant une véritable formation professionnelle à une formation universitaire en s’appuyant sur le potentiel des IUFM et des UFR ?

    Une nouvelle réforme de la formation des enseignants doit voir le jour pour remplacer ce dispositif absurde qui nie la nature même de l’acte d’enseigner. Celle-ci articulera formation de haut niveau dans la ou les disciplines à enseigner, formation professionnelle et ouverture à la recherche. Elle s’appuiera sur des pré-recrutements afin de permettre aux jeunes issus de milieux populaires d’accéder au métier. Le statut de fonctionnaire d’État, garantie de la liberté pédagogique et de l’égale qualité du service public sur tout le territoire, sera renforcé. Parallèlement, la recherche en éducation doit être relancée, la formation continue rétablie, et des temps d’échanges pédagogiques, de réflexion et d’élaboration institués dans les établissements.

     

    JL Mélenchon

  • Bruno CHAUDRET, Directeur de recherche au CNRS: Pourquoi je soutiens le Front de Gauche de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche

    Posté le 12 mars 2012 pierre Pas de commentaire

    L ‘enseignement supérieur et la recherche ont été mis en avant dans les média comme étant la réussite du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Valérie Pécresse avait déclaré vouloir “remettre les universités au centre du dispositif” et accroître “la visibilité et la lisibilité” de nos institutions. Ce but pouvait apparaître louable mais force est de constater que la réalité est bien différente.

    Le système mis en place se caractérise par une mise en concurrence à tous les niveaux : entre les individus par les primes, entre individus et entre équipes par la multiplication des appels d’offre, en premier lieu de l’ANR, entre équipes et entre laboratoires par une notation délivrée par une agence qui n’a aucune structure de contrôle démocratique, entre laboratoires, entre universités et même entre régions par la dernière invention : les investissements d’avenir (ou grand emprunt). Si la communauté scientifique est habituée à l’émulation voire à la compétition, cette concurrence forcenée est totalement contre-productive, élimine la prise de risques et stérilise la créativité. De plus, le résultats net de cette politique est l’explosion de la précarité dans le milieu, d’autant plus importante que les entreprises embauchent peu de docteurs et pratiquement pas de post-docs.

    Au niveau des institutions les organismes, et en premier lieu le CNRS, ont été la cible de ce quinquennat. Les chercheurs ont été mis en cause directement par Nicolas Sarkozy sous forme d’un discours sans précédent dans sa virulence et son ton insultant vis-à-vis de la communauté scientifique.

    On peut se poser la question : pourquoi tant d’acharnement à détruire un système qui fonctionne et à enlever les moyens à un organisme original qui attire les meilleurs chercheurs de toute l’Europe? Peut-être à cause de la présence de chercheurs permanents donc peu sensibles aux pressions de toutes sortes, à cause de ses institutions démocratiques, en premier lieu le Comité National qui empêchent les petits arrangements entre amis que l’on voit fleurir localement avec la  constitution des IDEX ou enfin à cause de la lettre de mission du CNRS qui indique en premier lieu l’avancée des connaissances.

    Au lieu d’engluer la communauté scientifique dans des appels d’offre sans fin et qui ne donnent pas pour autant les moyens de travailler, il est urgent de rééquilibrer soutien de base et appels d’offre et de permettre aux chercheurs d’avoir du temps pour explorer des routes de traverse, loin des modes, et dont certaines conduiront plus surement à des développements économiques que la recherche conformiste financée par les appels d’offre.

    La communauté scientifique est fatiguée de plus de 10 ans d’attaques successives. Il est maintenant urgent de lui redonner les moyens de faire son travail :

    • en favorisant le soutien de base plutôt que les appels d’offre,
    • en favorisant l’emploi stable plutôt que la précarité, ce qui nécessitera un véritable plan pour l’emploi scientifique,
    • en soutenant un plan d’équipements sans lesquels aucune recherche n’est possible,
    • en remettant la science au cœur du dispositif, notamment en redonnant aux organismes les moyens de mener une politique scientifique,
    • en créant des partenariats équilibrés entre organismes et universités,
    • en simplifiant le paysage institutionnel, notamment en utilisant les structures démocratiques comme outils d’évaluation, en transformant les Idex en outils d’aménagement du territoire, en abandonnant les périmètres d’excellence et plus généralement cette politique dite “d’excellence” qui est contre-productive et conduit à l’isolement des individus.

    Ce dont a besoin la recherche pour remplir ses missions, c’est de temps et de liberté. Il faut à tous les niveaux substituer la coopération à la concurrence. C’est ce que j’attend d’une politique de gauche et pourquoi je soutiens le Front de Gauche.

     

    Bruno Chaudret

  • Lancement de l’appel

    Posté le 12 mars 2012 pierre Pas de commentaire

    Les animateurs du Front de Gauche de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche ont le plaisire de vous inviter  à la conférence de presse qu’ils organisent le samedi 10 mars à 15h à l’Usine* à l’occasion du lancement public de l’Appel :

    CONSTRUISONS  ENSEMBLE LE FRONT DE GAUCHE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE

    en présence de premiers signataires de l’appel et de :

    • Pierre Chantelot (responsable commission ESR pour le PG)
    • Olivier Gebuhrer (CN PCF Responsable national PCF pour ESR)
    • Bernard Jusserand (membre du BN de République et Socialisme en charge de l’ESR)
    • Chantal Pacteau (Titre et respons Formation politique)
    • Patrice Perdereau (membre du BN du PG en charge de l’ESR)

    La Conférence de Presse sera suivie d’une discussion sur les actions à engager dans la foulée de l’Appel

     

    * L’Usine – 8 rue Chassagnole – 93260 – Les Lilas Métro : Porte des Lilas ou Mairie des Lilas